Note : cet article sous-titré à l’origine « Quelques règles pour de bonnes sessions de travail » a été publié en traduction anglaise dans le numéro de février-mars 2026 (#160) de ESSEC Reflet Magazine. Tout le magazine était en anglais pour l’occasion. Il est publié ici en français puis en anglais, mais dans une traduction différente, réalisée avec LeChat Mistral.

« Chaque réunion bien organisée l’est à sa façon,
mais tous les meetings inefficaces se ressemblent. »
  
Pastiche de l’incipit d’un célèbre roman

Se plaindre de réunions trop nombreuses et inutiles fait partie des constantes du monde managérial. Et si la visioconférence a fait évoluer les pratiques, le constat apparait inchangé : quels que soient l’époque, le pays et la société, les réunions sont jugées chronophages et inefficaces.

Surtout les réunions des autres d’ailleurs. Si chacun est disert quant aux expériences malheureuses qu’il subit au quotidien, nous ne reconnaissons que rarement notre part de responsabilité. Autant j’ai entendu mille fois la litanie qui voue les réunions aux gémonies, autant j’ai rarement vu un collègue admettre qu’il avait organisé un meeting inefficace et expliquer qu’il s’y prendrait mieux la prochaine fois.

Serions-nous meilleurs juges de notre entourage que de nous-même ? Pour tenter d’améliorer les choses, je me propose de faire le premier pas : oui, il m’est arrivé de faire subir des réunions inefficaces à mes collègues. Organiser une bonne réunion de travail est moins simple qu’il n’y parait. Une checklist peut aider à faire mieux.

Chaque réunion bien organisée l’est à sa façon

Chaque réunion est différente. Un court point hebdomadaire n’est pas un atelier de réflexion de fond. Une startup n’est pas l’administration. Le Mexique n’est pas le Japon. Douze participants implique d’autres dynamiques qu’un groupe de trois. Des présentations s’imposent si on ne se connait pas. Une réunion d’information n’est pas un comité de décision.

La liste est longue des dimensions qui expliquent la difficulté d’organiser une bonne session de travail : cela dépend beaucoup du contexte. Il serait tentant d’affirmer qu’il n’y a pas de règle et les formations qui existent à ce sujet sont souvent limitées, caricaturales ou simplistes.

Tous les meetings inefficaces se ressemblent

Il est peut-être plus aisé de dresser le portrait-robot de la mauvaise réunion. Voici ce qui m’est arrivé – évidemment dans ma jeunesse et il y a bien longtemps – et que je ne fais bien sûr plus.

Pêle-mêle : objectifs pas clairs, trop de participants ou pas les bons, problème de logistique physique (pas de salle) ou digitale (pas de son, mauvais lien visio), début en retard, discussion qui dépasse l’horaire, document de support inexact, manque de préparation en amont, parole monopolisée par une personne, agressivité passive ou malaise palpable, longs moments hors sujet ou encore fin sans prochaines étapes. Chacun pourra compléter la liste de ses propres expériences.

La checklist des bonnes pratiques

Tentons à présent de brosser le portrait de la réunion heureuse. Il n’est pas impossible que – comme les familles – elles se ressemblent un peu. Si les points de la checklist suivante peuvent paraitre anodins individuellement, la liste en est longue et c’est collectivement qu’ils prennent leur sens. Il suffit d’un raté pour basculer du bonheur au malheur. C’est peut-être là toute la difficulté de l’exercice : le diable est dans les détails.

 1. Organisez des réunions indispensables

  • La réunion a un objectif clair exprimé par écrit.
  • On ne peut pas atteindre l’objectif sans la réunion.
  • L’objectif a été communiqué en avance.
  • La réunion porte un nom qui donne envie de participer.
  • La durée est adaptée (parfois 15 minutes suffisent).

2. Réunissez l’équipe adéquate

  • Tous les bons participants (il ne manque personne).
  • Uniquement les bons participants (personne n’est en trop).
  • Les participants indispensables ont accepté l’invitation.

3. Assurez une logistique irréprochable  

  • La salle est proche et libre.
  • La salle est agréable et bien agencée.
  • La salle contient le matériel utile : tables, chaises, tableau, ordinateur, écran, son, micro, boissons, nourriture, etc.
  • À distance, l’invitation contient le lien de visioconférence.
  • J’ai vérifié la logistique.

4. Utilisez un document utile

  • Il y a un support de discussion (ou une bonne raison de ne pas en avoir).
  • Le support est concis, bien écrit, clair et lié à la réunion.
  • Le support inclut notamment les objectifs, l’agenda, le contexte, des fait, des questions et les prochaines étapes.
  • Le support a été partagé en avance.

5. Jouez des rôles précis     

  • Celui qui invite est par défaut le meneur de la réunion.
  • Une seule personne mène la réunion (sauf cas particulier).
  • Les rôles sont définis, p. ex. qui introduit et qui conclut.
  • Les participants savent qui est qui (ou on se présente).
  • Par respect pour leur temps, les éventuels experts pourront venir à une heure précise et repartir ensuite.

6. Assumez le rôle du meneur (ou déléguez-le efficacement)

  • Il arrive en avance pour accueillir.
  • Il prévient d’un éventuel retard (mais cela ne doit pas arriver).
  • Il annonce au début un agenda précis et écrit.
  • Il a défini l’agenda en suivant une méthodologie éprouvée.
  • Il maintient le cap et recentre les débats.
  • Il fera le suivi de la réunion.

7. Assurez un déroulé efficace

  • Jour et horaire choisis (mardi 10h et vendredi 19h ne se valent pas).
  • Début à l’heure.
  • Introduction inspirée qui rappelle à chacun pourquoi il est là.
  • Transition logique entre les différents points de la réunion.
  • Conclusion élégante.
  • Fin cinq minutes en avance.

8. Faites un suivi de réunion efficace

  • Partage d’un document informatif, souvent le support utilisé.
  • Partage écrit du relevé de décisions et de prochaines étapes.
  • Attribution du travail à réaliser seulement à des personnes présentes.
  • Date et heure définis pour la prochaine réunion sur le sujet (si applicable).

9. Soyez prêts à improviser

  • J’ai prévu que tout ne se passera pas comme prévu.
  • Je suis satisfait de l’effort mis dans la préparation comparé à l’importance du moment. (Heureusement, toutes les réunions ne nécessitent pas de se poser explicitement toutes les questions précédentes !).

*            *            *

Adaptez la checklist à votre contexte. Elle est probablement trop détaillée pour un point informel, mais peut-être pas assez pour une conférence avec deux cents participants. Ignorez les points qui ne s’appliqueraient pas et ajoutez vos spécificités.

Ensuite, il ne nous restera plus qu’à vous souhaiter tout le bonheur des réunions du monde.


« Every well-organized meeting is successful in its own way, but all ineffective meetings are alike.»
A parody of the opening line of a famous novel[1]

Complaining about too many useless meetings is a constant in the managerial world. While videoconferencing has changed practices, the observation remains the same: regardless of the era, country, or company, meetings are seen as time-consuming and ineffective.

Especially other people’s meetings. While everyone is quick to share their daily frustrations, we rarely acknowledge our own responsibility. I’ve heard countless complaints about meetings, but I’ve rarely seen a colleague admit to organizing an ineffective meeting and explain how they would do better next time.

Are we better at judging others than ourselves? To try and improve things, I’ll take the first step: yes, I’ve subjected my colleagues to ineffective meetings. Organizing a good meeting is harder than it seems. A checklist can help do better.

Every well-organized meeting is successful in its own way

Every meeting is different. A short weekly check-in is not the same as an in-depth brainstorming workshop. A startup is not the same as a government agency. Mexico is not Japan. Twelve participants create different dynamics than a group of three. Introductions are necessary if people don’t know each other. An informational meeting is not a decision-making committee.

The list of factors that make organizing a good meeting difficult is long: it depends heavily on context. It might be tempting to say there are no rules, and the training available on this topic is often limited, caricatured, or simplistic.

All ineffective meetings are alike

Perhaps it’s easier to describe the typical bad meeting. Here’s what happened to me—obviously in my youth and a long time ago—and what I, of course, no longer do.

A hodgepodge: unclear objectives, too many or the wrong participants, logistical issues (no room) or technical problems (no sound, bad video link), late start, running over time, inaccurate supporting documents, lack of preparation, one person dominating the conversation, passive aggression or palpable discomfort, long off-topic moments, or ending without next steps. Everyone can add their own experiences to the list.

The checklist of best practices

Let’s now try to outline the happy meeting. It’s possible that—like families—they all resemble each other a bit. While the points on the following checklist may seem trivial individually, collectively they make sense. It only takes one misstep to turn happiness into misery. Perhaps that’s the whole challenge: the devil is in the details.

1. Organize essential meetings

  • The meeting has a clear, written objective.
  • The objective cannot be achieved without the meeting.
  • The objective has been communicated in advance.
  • The meeting has a name that makes people want to attend.
  • The duration is appropriate (sometimes 15 minutes is enough).

2. Gather the right team

  • All the right participants are present (no one is missing).
  • Only the right participants are present (no one is extra).
  • Essential participants have accepted the invitation.

3. Ensure flawless logistics

  • The room is nearby and available.
  • The room is pleasant and well-arranged.
  • The room contains useful equipment: tables, chairs, whiteboard, computer, screen, sound, microphone, drinks, food, etc.
  • For remote meetings, the invitation includes the videoconference link.
  • I have checked the logistics.

4. Use a useful document

  • There is a discussion support (or a good reason not to have one).
  • The support is concise, well-written, clear, and relevant to the meeting.
  • The support includes objectives, agenda, context, facts, questions, and next steps.
  • The support has been shared in advance.

5. Assign clear roles

  • The person who invites is the default meeting leader.
  • Only one person leads the meeting (unless there’s a special case).
  • Roles are defined, e.g., who introduces and who concludes.
  • Participants know who’s who (or introductions are made).
  • Out of respect for their time, experts can join at a specific time and leave afterward.

6. Assume the role of the leader (or delegate it effectively)

  • They arrive early to welcome participants.
  • They notify of any delay (though this should not happen).
  • They announce a precise, written agenda at the start.
  • They have defined the agenda using a proven methodology.
  • They keep the meeting on track and refocus discussions.
  • They will follow up on the meeting.

7. Ensure an efficient process

  • Day and time are chosen wisely (Tuesday at 10 AM is not the same as Friday at 7 PM).
  • Start on time.
  • Inspiring introduction that reminds everyone why they are there.
  • Logical transitions between different meeting points.
  • Elegant conclusion.
  • End five minutes early.

8. Conduct effective follow-up

  • Share an informative document, often the one used during the meeting.
  • Share a written summary of decisions and next steps.
  • Assign tasks only to people who were present.
  • Set a date and time for the next meeting on the topic (if applicable).

9. Be ready to improvise

  • I have planned for things not to go as expected.
  • I am satisfied with the effort put into preparation compared to the importance of the moment. (Fortunately, not all meetings require explicitly asking all the previous questions!)

Adapt the checklist to your context. It’s probably too detailed for an informal chat but perhaps not detailed enough for a conference with two hundred participants. Ignore points that don’t apply and add your own specifics.

Then, all that’s left is to wish you all the happiness of meetings in the world.


[1] In case you would not have the reference, ask an AI! I tested LeChat Mistral and it answered correctly while a Google search could not help.


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