Avez-vous déjà utilisé l’IA comme traducteur ? Pas juste pour quelques mots ou comme dictionaire. Pour traduire complètement vos écrits ou participer activement à une discussion dans une langue que vous ne comprenez pas ?

Je n’ai commencé à le faire que début 2026. Avant je n’en avais pas eu besoin. Bien sûr, je savais que l’IA était capable de traduction efficace et il m’arrivait de l’utiliser pour des points techniques, mais je ne l’avais pas utilisé comme traducteur. Dans les langues que je maîtrise bien, je n’en ressentais pas le besoin. Dans celles que je maîtrise moins bien, il faut un certain lâcher-prise pour signer de son nom un texte qu’on ne comprend en fait pas. Voici la phrase précédente traduite en Chinois par LeChat de Mistral.

在我不太熟悉的语言中,签下自己名字却不完全理解文本内容,需要一定的放手和信任。

Je reconnais quelques caractères parce que je parle japonais. Pour autant si l’IA décidait d’y glisser un calembour malvenu, je serais incapable de le détecter. Faut-il donc refuser l’outil ou lâcher prise ? J’ai été amené à lâcher prise dans une boucle WhatsApp en slovaque. Ma femme est slovaque ; certains de nos amis aussi. Je parle un peu la langue, mais pas assez pour une discussion vive en messages instanés. Sauf à se faire aider. En quelques copiers-collers, j’ai ainsi cessé d’être analphabète.

Voilà qui ouvre des portes. Mais alors, quelle IA utiliser quand et pourquoi ?

Choisir la meilleure IA de traduction

Pour la réponse courte : DeepL s’il s’agit d’un document Microsoft ; LeChat partout ailleurs. Et prenez quelques minutes pour tester de temps en temps les différents outils à votre disposition avant de réaliser un choix impliquant.

La réponse longue : mon expérience slovaque m’a décidé à traduire certains ouvrages des éditions Curatus en anglais. J’avais déjà ressenti le besoin de partager certains documents avec des collègues ou amis non francophones, mais je n’avais pas passé le pas. Traduire demande un temps et une énergie que je préfère mettre ailleurs. Tout change avec l’IA. Elle traduit un texte très vite. Reste à savoir à quelle IA faire confiance. En février 2026, j’ai testé

  • Word Translator, à éviter. Le traducteur intégré à Word permet en quelques secondes de passer tout un document du français à l’anglais à l’intérieur de Word tout en respectant la mise en page à 100%. Cependant, la traduction est très moyenne. On comprend, mais l’outil commet des erreurs de pronoms et reste très proche de la structure grammaticale du français. C’est une traduction robotique et scolaire. Utile pour aller vite, mais dangereux dans un cadre professionnel.
  • Copilot a échoué. Directement présent dans Word, il a commence à me répondre quant à la méthodologie… avant de s’arrêter brusquement « Sorry, it looks like I can’t respond to this. Let’s try a different topic.”
  • OpenAI m’a très vite demandé de payer. J’y ai chargé un Word de 3 pages et il m’a annoncé « It seems like I can’t do more advanced data analysis right now. Please try again later. You’ve reached your data analysis limit. Upgrade to ChatGPT Plus or try again tomorrow after 8:01 AM.”. Alors que je n’avais pas utilisé Chatgpt depuis des mois.
  • Claude m’a produit un Word correct sur quelques pages, mais pas plus. On lui donne du Word, il renvoie du Word. L’Anglais semble acceptable. Je lui ai donc envoyé tout un livre pour voir. Là où Word m’a traduit (mal) un livre en quelques secondes à peine, Claude mouline depuis quelques minutes. J’espère qu’il ira au bout. Malheureusement : [Claude’s response could not be fully generated] apparait après un temps certain. Même pour 30 pages.
  • LeChat Mistral apparait le meilleur, mais il ne lit pas le Word. Il écrit très bien l’anglais et traduit très bien. Je l’avais utilisé pour traduire mes articles de l’ESSEC et je n’ai que très rarement eu à retoucher un mot ou une expression, mais il faut lui copier-coller le texte et refaire la mise en page. C’est un peu fastidieux. Pour autant, je me suis surpris à prendre plaisir à me lire en anglais. J’y trouve une qualité de langue qui ne dénote pas des ouvrages écrits par des natifs. Si ça se trouve, mes articles sont mieux écrits en anglais par LeChat que par moi-même en français. Désobligeant.
  • DeepL propose un add-in Word. On l’ajoute très facilement dans Word. Il permet de traduire des passages sélectionnés et de les remplacer par la traduction. La traduction apparait meilleure que celle de Word Translator, mais peut-être pas exceptionnelle. Pour de longs textes, il faut payer, mais la versions sous 10€ par mois promet de traduire dans Word en conservant la mise en page. Elle est limitée à 300 000 caractères par mois, mais mon Word fait justement 240 000 caractères.

Ensuite, j’ai pris un moment pour tester en profondeur la qualité de la traduction. J’ai choisi un texte de trois pages peu évident et je l’ai soumis à divers outils. Pour comparer les résultats. Pour une langue que vous ne comprenez pas, vous pouvez imaginer un système où vous demandez à un outil de traduire dans la langue cible inconnue et à un second outil de traduire à nouveau en français. Si le nouveau texte français vous plait, vous êtes à peu près sûr que la traduction est acceptable. Une fois de plus, à ce petit-jeu là LeChat Mistral s’est révélé le meilleur et le traducteur de Word le moins bon. DeepL s’est classé un peu en-dessous des LLMs (ChatGPT, Claude et évidemment LeChat), mais sa capacité à traduire un document entier en quelques secondes tout en respectant à 100% la mise en page des outils Microsoft ouvre des voies nouvelles.

Conclusion : je vais utiliser DeepL pour traduire les articles Curatus avec une mise en garde dès… la page de garde.

Bienvenue dans un univers nativemeny multilingue !


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